Plus de la moitié des hommes ont déjà rencontré un dysfonctionnement érectile au cours de leur vie sexuelle. Les troubles de l’érection sont donc très loin d’être des cas isolés ! Pourtant, la plupart des hommes gardent jalousement ces moments de solitude pour eux.

Il aura fallu une étude bien ficelée comme sait le faire l’Ifop pour venir à bout de ce tabou !

Commandée par le site Charles.co, cette enquête a été réalisée via un questionnaire en ligne auto-administré entre le 19 et le 24 avril 2019 auprès d’un échantillon de 1957 hommes, âgés de 18 ans et plus, résidents en France. Vous pouvez la consulter librement ici.

Enquête Ifop : quels sont les hommes les plus touchés par les troubles de l’érection ?

L’enquête menée par l’Ifop au sujet des troubles de l’érection commence d’abord avec un état des lieux. D’après le sondage, 21% de la population sexuellement active expérimente régulièrement un dysfonctionnement érectile.

La question consiste à présent à savoir : quels sont les hommes les plus concernés par ce genre de problème ?

Enquête de l'ifop troubles de l'érection

Instinctivement, on aurait envie de répondre que ce sont les hommes âgés de plus de 70 ans. Effectivement, ils sont 40% à expérimenter régulièrement des pannes ou autres imprévus de ce genre. Pour autant, les jeunes de moins de 30 ans, dont 18% sont concernés, ne sont pas en reste ! De leurs côtés, les moins de 50 ans sont d’avantage touchés que les seniors, puisqu’ils atteignent allègrement les 44%.

Donc finalement, les troubles de l’érection, ce n’est pas qu’une affaire de vieillesse ! Voici déjà une première observation qui fait la peau à un préjugé bien ancré dans certains esprits…

Autre point important relevé par l’institut de sondage : l’impact du stress sur la fréquence des troubles de l’érection. Un mode de vie stressant favorise bel et bien les dysfonctionnements érectiles. 55% des hommes qui ont régulièrement ce genre de soucis indiquent qu’ils sont fréquemment stressés.

Sans surprises également : l’usage d’anti-dépresseurs favorise l’apparition de dysfonctions érectiles. En effet, l’étude indique que 44% des hommes qui expérimentent régulièrement un problème érectile en consomme. Il s’agit d’un effet secondaire bien connu de ce genre de médicament, comme le traite d’ailleurs cette étude clinique suisse.

Pour l’instant, cette enquête nous conforte dans ce que l’on savait déjà ! Les troubles de l’érection concernent les hommes de tout âge, le stress ainsi que l’usage de certains psychotropes favorisent leur apparition. La suite est en revanche un peu plus surprenante.

Quand l’Ifop fait le lien entre l’usage d’écrans et troubles de l’érection.

A partir d’un certain âge, il est tout à fait normal d’expérimenter un dysfonctionnement érectile de plus en plus régulièrement. Cela est dû, entre autre, à la baisse progressive de la production de testostérone. Ce déclin, appelé andropause, commence à partir de la trentaine, à raison d’environ – 10% par an, comme l’indique cette étude trouvée sur le site de l’Association Française d’Urologie.

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Mais, alors, qu’elle est la cause du trouble de l’érection chez les moins de 35 ans ? A cet âge, le taux de testostérone reste plus que correcte ! C’est sans doute pour éclaircir ce point que l’institut de sondage a eu l’idée de questionner les moins de 35 ans qui expérimentent régulièrement des troubles de l’érection au sujet de leurs habitudes sur internet.

39% d’entre eux consultent tous les jours les réseaux sociaux, contre 15% qui ne s’y intéressent pas. Il en va de même pour les applications d’informations où 41% (contre 26%) indiquent y être complètement accro. Pareil pour les films et les séries avec 38%, contre 28%. Plus parlant encore, la consommation de contenus pornographique : 55% contre 15%.

enquête ifop et troubles de l'érection

Internet apparaît donc comme un véritable tue-l’amour ! Même si ce lien n’avait encore jamais été fait, il faut bien avouer que cela n’est qu’à moitié surprenant. D’ailleurs, les mêmes observations sont faites au sujet de la télévision ! Cet article paru dans Le Figaro explique très bien pourquoi la présence d’un téléviseur dans une chambre peut perturber la vie sexuelle d’un couple.

Troubles de l’érection : un tabou dangereux…

Pour conclure, l’enquête de l’Ifop fait également le point sur un fait malheureusement trop vrai : la plupart des hommes qui expérimentent des troubles de l’érection restent muets sur le sujet. Et font mine de rien.

Un tiers d’entre eux avouent en effet inventer une fausse excuse à leur partenaire. Dans 78% des cas, ils invoquent une fatigue physique. Dans 63% des cas, c’est le stress qui est invoquer pour évader le sujet. Le fameux mal de tête est, quant à lui, utilisé comme fausse excuse par seulement 31% des hommes.

Mais le silence s’étend au-delà de la chambre. Ils semblerait que la gente masculine soit particulièrement réticente à l’idée de consulter un spécialiste. 72% d’entre eux n’en n’on jamais parlé à leur médecin !

Ceux qui ont eu le courage d’en parler ont préféré s’en remettre à leur médecin généraliste plutôt qu’un spécialiste Ils sont en effet 19% contre 5%.

Un chiffre quelque peu préoccupant, surtout lorsque l’étude pointe les différents moyens que ces hommes mettent en place pour lutter contre leurs problèmes d’érection. 27% des moins de 35 ans affirment prendre de la drogue (cocaïne ou cannabis) dans le but d’améliorer leurs performances sexuelles. Ils sont également 20% à essayer des produits aphrodisiaques exotiques comme de la corne de rhinocéros.

Pour ce qui est de l’usage de médicaments spécialement formulés pour ce type de problème, ils sont 56% à les envisager. Toutefois, 49% affirment hésiter à sauter le pas vers ces traitements à cause du manque de fiabilité et de sécurité des achats en ligne. Ils sont 38% à craindre les effets secondaires. Et tout de même 10% à craindre que leur partenaire ne s’en rende compte et le prenne mal.

Comprendre les troubles de l’érection : une enquête de l’Ifop fait le point.